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Culture Headwear Le headwear dans le hip hop

Qui dit headwear, dit souvent hip hop, c’est pas nouveau. Non pas que les deux univers soient strictement et nécessairement combinés mais ils sont tellement liés dans l’histoire du streetwear qu’ils méritaient bien un petit article. Casquettes, bobs, bandanas et même chapeaux ont, depuis toujours, conquis la scène hip hop. Alors, quels sont les modèles que les artistes affichent dans leurs clips ou durant leurs apparitions pour faire, bien souvent, la promotion de leur identité ?

Back in the day !

Cette expression américaine rendue célèbre notamment grâce à un titre de Missy Elliott, désigne en fait le désir de retourner à l’époque qui a vu naître le hip hop qui, jusque dans les années 80, était davantage positif et pacifique.

A la fin des années 70, à New York, des afro américains se rassemblent et créent un style musical d’un genre nouveau. Leur but est d’afficher clairement leurs racines, c’est pourquoi ils portent par exemple, des petits chapeaux en tissu à motif appelé kente, issu de l’Afrique de l’ouest.

Chapeau Run DMC                      Crédit photo : Glen Friedman

C’est l’époque des premiers groupes de rap, à l’image de Run DMC dont les membres portaient bobs mais aussi des fedoras noirs. En cherchant à s’accaparer des pièces classiques, ces jeunes issus du Bronx ou du Queens, en quête de reconnaissance sociale, font ressurgir des marques, comme eux, oubliées.

Bob LL Cool J                      Crédit photo : Ricky Powell

L’exemple qui illustre le mieux cette prise de possession du headwear par la culture street, c’est celui de la marque britannique Kangol. Jugée trop snob, elle n’était alors pas populaire aux yeux du grand public. Pourtant, elle explosa ses ventes dans les années 80 grâce à l’influence d’un jeune rappeur américain: LL Cool J qui porte un bob Kangol bermuda casual rouge sur la pochette de son deuxième album, sorti en 1984. La marque au logo kangourou est aujourd’hui encore associée à ce modèle mythique. Le rappeur Schoolboy Q a d’ailleurs repris ce même bob Kangol dans son clip “Break the Bank”. Il est vraiment un fervent adepte du bob depuis toujours et affectionne particulièrement les motifs psychédéliques, comme dans son clip “Collard Greens”.

Style hip hop et détournements

Des rappeurs à l’instar de Tupac ont réellement marqué la décennie suivante. Le bandana noué sur le front est devenu la signature de l’artiste et il restera un élément fort de son identité. Il a en fait détourné un usage de la rue car en Californie, les bandanas, selon leur couleur, étaient les signes d’appartenance à tel ou tel gang. Si à New York, les rappeurs portent des bonnets ou des caps souvent recouverts par leur capuche, de l’autre côté des Etats-Unis on porte le Do-Rags. Son origine remonte à l’esclavage. Les femmes qui travaillaient dans les champs nouaient alors un fichu de couleur unie derrière la nuque. Les rappeurs se sont approprié ce morceau de tissu en nylon ou en polyester, constitué d’une calotte ajustable au niveau du crâne. Au sommet de sa gloire, 50 Cents glissait cet accessoire, symbole provocateur de l’identité afro, sous sa fitted.

Mais l’un des attributs les plus emblématiques de la culture hip hop, c’est la snapback. La visière et la languette ajustable à l’arrière sont empruntées au baseball mais l’influence du foot US et surtout du basket ball, ont participé à moderniser la casquette du sportif, que le hip hop n’a pas tardé à s’approprier. Le fait de porter la casquette à l’envers ou sur le côté s’est diffusé grâce à la série Le Prince de Bel Air. Will Smith campait alors un personnage à la dégaine excentrique, fan de rap. Depuis cette époque, la plupart des artistes hip hop ont porté la snapback et la portent encore, comme nous l’expliquons ici.

Accélération du système musical

Au départ engendré par un esprit revendicatif et contestataire, le hip hop se mute peu à peu en obsession de l’argent, du pouvoir et en véritable industrie musicale. Les allures se métamorphosent peu à peu. Les artistes deviennent leur propre producteur et leur style permet de mettre en lumière leur réussite. La fascination qu’entretiennent certains rappeurs avec le milieu gangster favorise la mise en avant d’une certaine idée du luxe, voire de la démesure. Biggie ou Puff Daddy, sapés de façon clinquante, ont porté des chapeaux fedora rappelant l’époque de la Prohibition. Dans les années 2000, New Era collabore avec les grosses pointures du rap US pour créer les snapbacks à strass, avec de vrais diamants incrustés. Elle seront le symbole de cette génération rap gangsta. Le rap game, quant à lui, est souvent associé à la snapback XXL, cachant une partie des oreilles et des yeux. Les artistes féminines ont également joué un rôle important dans la diffusion de la mode hip hop. Dans son clip "Crazy in Love", Beyoncé portait une casquette à visière courbée, ce qui la démarquait alors de ses homologues masculins. Des rappeuse américaines comme Missy Elliot apparaissaient souvent avec une casquette army ou des bandeaux tandis que Mary G Blige, Janet Jackson ou Jennifer Lopez sont restées longtemps fidèles à la casquette gavroche ou au petit bonnet en laine à visière. Pour une version masculine de la gavroche version hip hop, on peut se référer au rappeur Common, dans son clip "Testify".

Dans un tout autre genre, on se rappelle tous du fameux chapeau Vivienne Westwood porté par Pharrell Williams dans son clip "Happy". Ultra excentrique à cause de sa forme cabossée et over size, le "Mountain hat", n’est pas le seul exemple de chapeau porté par le chanteur. Après avoir délaissé quelque peu ses casquettes ces dernières années, Pharrell Williams s’affiche constamment - ou presque - avec un chapeau dans ses clips, comme dans "Come Get it Bae", où on le voit avec un chapeau de paille de type fedora, garni d’un bandana noir.

Chapeau Pharrell Williams                      Crédit photo : D.R

En définitive, si l’appât du gain caractérise souvent le hip hop aujourd’hui, il n’a jamais dévié de sa ligne ostentatoire. C’est pour cela que les accessoires headwear qui lui sont associés sont si marquants, choisis pour incarner un certain esprit de provocation et une profonde créativité.
 


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