A
PLUS DE CHOIX
A
PLUS DE CHOIX
A
PLUS DE CHOIX
A
PLUS DE CHOIX
A
PLUS DE CHOIX
A
PLUS DE CHOIX
A
PLUS DE CHOIX
Culture Headwear Le keffieh : du traditionnel à la mode

Un foulard qui s’est intégré au paysage de la mode française mais qui a réussi à garder tout son sens est le keffieh. Foulard venu du peuple bédouin et des paysans arabes, il est aujourd’hui porté par beaucoup de personnes dans le monde et revêt des significations particulières suivant l’usage qu’on en fait. Coiffe traditionnelle devenue un vrai accessoire de mode prisé par les plus jeunes, le keffieh est aussi perçu comme un élément de militantisme qui représente la défense des libertés. Petit parcours de l’histoire du keffieh :

Le Keffieh : des origines au symbole de la cause palestinienne

On connaît tous le foulard keffieh mais peu d’entre nous connaissent sa véritable origine qui remonte à plusieurs décennies et place sa naissance en Arabie et au Moyen Orient. Ce foulard servait à différencier les citadins des paysans et s’est vite généralisé à l’ensemble des bédouins. Traditionnellement fait de tissu en coton, il permettait de se protéger le visage du soleil et des tempêtes de sable et était maintenu sur le haut de la tête avec une cordelette appelée « agal ». Le keffieh doit son nom à la ville de Koufa située près de Bagdad dont est originaire l’art de la caligraphie de « style kouffien ». Le keffieh est encore de nos jours porté dans toute la péninsule arabique mais n’est pas tout à fait le même selon les pays. On le trouve noir et blanc en Palestine alors qu’il sera rouge et blanc en Jordanie ou entièrement blanc dans le Golfe persique.

Le keffieh devient un objet hautement symbolique lors de la révolte arabe de 1936-1939 qui fut menée en Palestine par Aziz Ben Boudaoud contre la présence de l’armée Britannique. Les révolutionnaires portaient le fameux foulard qui leur permettait de ne pas être reconnus par les militaires. Cette tactique fut vite découverte et eut l’effet inverse de celui escompté car le port du keffieh les rendait donc encore plus visibles. Les arrestations furent de plus en plus nombreuses et la population fut appelée à porter le keffieh afin d’aider les révolutionnaires. Les hommes des villes quittèrent leurs coiffes traditionnelles qui leur permettaient de défendre leur rang social et portèrent le keffieh afin de montrer leur solidarité avec le mouvement révolutionnaire.

Le keffieh fut popularisé dans l’ensemble des pays de la ligue Arabe mais également dans le monde entier par Yasser Arafat dans les années 60 quand il décida d’en faire son étendard alors qu’il dirigeait l’Organisation de libération de la Palestine. De couleur blanche et noire, le keffieh devint rapidement le symbole le plus tangible de la cause palestinienne et plusieurs organisations alliées à la Palestine le reprirent à leur compte. De couleurs verte et blanche, le keffieh est le symbole du Hamas, de couleur noire et blanche il représente le Fatah fondé par Yasser Arafat… Depuis les années 60, porter le keffieh est un signe de soutien à la cause palestinienne et il est le symbole le plus puissant des activistes.

Keffieh : entre emblème et accessoire de mode

Dans les années 80, le keffieh était adopté en Europe par les militants anarchistes en signe de rébellion contre les pouvoirs en place. Il est également devenu l’accessoire de nombreux membres de mouvements de contestation et on le retrouve souvent lors de manifestations telles que la Fête de l’Huma, les sommets altermondialistes mais aussi lors de rassemblements en faveur de la paix et de la lutte contre l’oppression des peuples. De nombreuses personnalités politiques adoptent également le keffieh pour montrer leur attachement au respect des libertés comme Nelson Mandela ou Hugo Chavez, l’ancien président du Venezuela.

Le keffieh a commencé à faire son apparition sur les podiums des plus grands défilés dans les années 2000 lorsque la mode a commencé à s’intéresser à ce petit foulard tout sauf anecdotique. Son usage pratique ou porteur de message a donc fait place à un usage purement stylistique et de grands créateurs s’approprièrent le keffieh. On retrace la genèse du keffieh dans la mode à la collection hiver 2007 – 2008 de la maison Balenciaga à l’époque dirigée par Nicolas Ghesquière qui présenta un keffieh composé de franges argentées et de breloques bariolées. Alors que le keffieh traditionnel servait à protéger les paysans arabes, ce keffieh là fut mis en vente à un prix de 1500 euros. Dès lors, le keffieh est repris par de nombreuses marques comme H&M ou Zara qui le rendent sophistiqué, lui ôtent son sens contestataire et l’agrémentent de détails ou couleurs fantaisie.

Aujourd’hui le keffieh est encore bien présent dans la mode actuelle. Il reste le foulard préféré des anticonformistes et de tous ceux qui veulent exprimer leurs prises de position politique notamment en ce qui concerne le conflit israélo-palestinien. Il semble aussi devenir un symbole d’union notamment grâce à l’invention par la marque américaine Dveykus du « keffieh israélien » aux couleurs d’Israël comportant des écritures en hébreu et des motifs de Magen David. Le keffieh est également un élément très récurrent des collections de marques haut de gamme comme Isabelle Marant, Dries Van Noten ou Jean-Paul Gaultier, perd complètement sa symbolique et adopte un côté bobo très tendance. Il séduit beaucoup les amateurs de cette mode bohème-chic qui le portent désormais comme un simple foulard revisité à des années lumière de ce qu’il a pu représenter dans le passé.


A
Fermerk